Madagascar 2006

 

Voyage du 5 au 13 avril avec 7 jours pleins sur place. Action diverses avec principalement 3 jours à Mandjakandrine avec Médecine Aide Présence Languedoc Roussillon et 3 jours à Tana dans le cadre des deuxièmes rencontres de Pneumalga
 

1 Avec MAP Directement

    1.1 Trois jours à Mandjakandrine à 4
    1.2 A l’hôpital
    1.3 Au Dispensaire
    1.4 A la réunion bimestrielle des médecins de CSB

2 Avec MAP indirectement

3 Avec Pneumalga

4 Avec Appel Détresse

5 Avec ASDM

6 Divers

 

 

 

Avec MAP directement


Trois jours à Mandjakandrine à 4

Antoinette Beaufigeau, généraliste à Baho, qui a vécu à Tuléar 12 mois dans les années 93-94, Thierry Lenel, cardiologue à Perpignan et Jean Phillippe Ducoq (dit le professeur), kiné à Cabestany m’accompagnaient.

Logement dans 2 chambres de l’hôpital, repas organisés et pris en charge, véhicules divers mis à disposition pour nos trajets. Cette logistique idéale est le fait du Dr Régina, assistée du Dr Drenn et du Dr Prosper, médecin chef de l’hôpital.

En dehors de l’hôpital et des dispensaires, nous avons eu un contact (obligé ?) avec la préfète, et avec le colonel Damasy, qui nous a fait visiter sa garnison, notamment son infirmerie, limite désaffectée, où il nous sollicite pour l’aider à développer un laboratoire d’analyse, ce qui parait aberrant étant donné la proximité de l’hôpital. On a également aperçu le cabinet privé du Dr Prosper.


A l’hôpital

Durant ces trois jours sur place, après les présentations et discours d’usage à commencer par le médecin chef, on se mêlera aux soignants pour observer, questionner, échanger, discuter, examiner, bavarder, rire voire plus si affinités…

On peut essayer de schématiser notre action en :

●   examen et discussion autour des malades hospitalisés ou en passe de l’être : aux urgences, en médecine enfant, femmes et hommes, et en chirurgie. On insistera sur la clinique et les examens complémentaires simples (ECG, Radio de thorax, biologie de base) On y rencontrera notamment une insuffisance cardiaque hypertensive, une pleuropneumopathie avec hémoptysie, un AVC sur rétrécissement mitral en arythmie, une pneumonie grave décompensant une cirrhose….

●   examen et discussion autour de malades consultants externes « convoqués » pour notre passage. Beaucoup de « notables locaux » contents d’être examinés par un cardiologue de France mais également des « vrais « malades, un poumon cardiaque chez une femme de ménage par exemple. Ce fut l’occasion de former un des chirurgiens à la lecture des ECG.

●   séance de questions-réponses sur divers sujets avec une implication globalement plus grande des chirurgiens que des médecins.

●   séances de d’apprentissages de méthodes de kiné (drainage bronchique, mobilisation chez les patients alités pour AVC ou fracture du col…) intéressant les médecins mais aussi l’ensemble des soignants
●   livres , Cd Rom, Piko6, quelques médicaments… ont été laissés sur place quand il nous a paru que l’usage qui en serait fait serait positif


On a pu constater que :

●   Les soignants sont représentés en dehors du médecin chef par 3 médecins, à tour de rôle en service, 2 chirurgiens dont un plus expérimenté, 1 anesthésiste absent lors de notre passage, une infirmière anesthésiste, un manipulateur radio, un laborantin et une équipe paramédicale et d’entretien. Dans la mesure où on peut se permettre de les juger, ces soignants nous ont parus motivés, compétents et disponibles (durant notre séjour un curetage a été fait en pleine nuit, une cystostomie pendant le week-end)

●   L’hôpital parait bien conçu, (même si les bâtiments administratifs prennent autant de place que le service de médecine !), la structure pavillonnaire et les jardins sont agréables (même si la volaille dans les couloirs n’est pas ce qu’on fait de mieux en matière d’hygiène hospitalière) il s’agit d’un centre hospitalier territorial de niveau 2 (CHT2), c'est-à-dire hôpital de district, plus équipé qu’un CHT1 puisque disposant d’un labo , d’une radio et d’un chirurgien mais moins équipé qu’un CHR (régional) qui dispose de différents spécialistes.

●   L’équipement adéquat s’il marchait (l’appareil d’anesthésie était inutilisé pour cause de « bouton cassé », la table de radio principale n’était pas encore terminée d’installer, les consommables comme le papier à ECG, certains réactifs de chimie, n’étaient pas prévus…) Le problème de la maintenance et des consommables doit impérativement être pris en compte dés qu’on l’amène, que ce soit MAP avec le container bientôt sur place ou que ce soit le gouvernement malgache ou tout autre partenaire.

●   La santé publique tient une grande place à Madagascar, ce qui est logique. Cela est également très présent dans l’hôpital où les murs sont couverts d’affiches de prévention diverses, de courbes statistiques variées et d’informations sur l’activité, le personnel, les tarifs etc. On en arrive à envier une telle transparence…

●   Dés le départ l’hôpital nous a paru vide. Un peu comme un appartement témoin, une vitrine, un hôpital modèle, ce qu’il est d’ailleurs, puisqu’il sert de référence à la construction et l’organisation d’autres CHT2. Renseignements pris, le taux d’occupation est de 22% ce qui serait impensable en France et ce qui est aberrant à Madagascar. Plusieurs explications à ce vide, l’ouverture récente depuis moins d’un an et donc des habitudes non encore prises par les malades et leurs médecins de dispensaires, l’emplacement de l’hôpital trop près de la capitale, et concurrencé par un autre hôpital à une trentaine de kilomètres, mais l’explication principale semble être financière, les coûts pour les malades sont prohibitifs et d’après ce qu’on a compris supérieurs à ceux de Tana. Cette sous-utilisation des moyens humains et matériels, déjà si rare dans ce pays, fait mal au cœur. C’est notre réserve principale.
 

Au Dispensaire

Antoinette a assisté le soignant du CSB contigu à l’hôpital, avec des séances de vaccination, des séances de « planning familial » et des soins. La proximité de l’hôpital était un facteur favorable avec , par exemple, le repérage d’un jeune enfant ayant besoin d’une séance de kiné que Jean-Philippe a pu donner tout en enseignant la technique aux soignants de l’hôpital. L’impression de bonnes bases de santé publique est là aussi ressentie.

A la réunion bimestrielle des médecins de CSB

En 2005 j’avais passé une matinée avec ces acteurs de santé, environ 35 médecins ou infirmiers selon que leur centre de santé est un CSB1 ou 2 qui sont habituellement dans les hameaux autour de Mandjakandrine et qui se réunissent tous les 2 mois dans le chef lieu. On avait parlé des difficultés rencontrées dans la prise en charge des maladies respiratoires. Ils avaient alors émis le souhait de poursuivre ces échanges en complétant par des questions d’ORL , de kiné, et de cardiologie. Cela a été possible cette année, sauf pour l’ORL, grâce aux interventions de Thierry et Jean Philippe. Curieusement, la physiothérapie n’est pas enseignée, semble t il, à la faculté et les médecines traditionnelles s’arrêtent aux massages, les méthodes de drainage bronchiques ont remportées un vif succès. Les questions concernant pneumo et cardio ont été nombreuses avec, comme l’an passé la limite de la disponibilité des examens complémentaires et du coût des traitements. On a là aussi insisté sur l’importance de l’examen clinique. Des souhaits ont été exprimés pour la venue d’un diabétologue, d’un rhumatologue et le retour du professeur kiné l’année prochaine…

Avec MAP indirectement

Pour le compte de l’association Fanamby a été remis en liquide 1650 euros en vue de la construction d’un lavoir. Mr Arsene m’a montré l’endroit prévu et fait part de soucis d’adduction d’eau vétuste…

Le matériel recueilli à Argelès (scolaire + vêtements) qui ne pouvait partir avec le container médical de MAP est bien arrivé à Tsaramasai grace au container d’Appel détresse. Un bon exemple de coopération entre des associations complémentaires.

Remise à l’hôpital de Hellville à Nosy Be d’un modàle de convention pour la venue prochaine d’un couple de médecin des PO.
 

Avec Pneumalga

Participation en tant qu’auditeur des 2° rencontres malgaches de pneumologie. Un orateur sur deux était malgache et la quasi-totalité des questions étaient posées par des malgaches
Possibilité de mettre un visage sur un nom et de se faire une idée du tempérament des acteurs principaux. Approche plus universitaire de la problématique de la pneumologie malgache

Participation en tant qu’orateur à un atelier sur l’endoscopie bronchique. Moins de 10 fibroscopes pour toute l’île, mais une quarantaine d’auditeurs intéressés.

Contact avec le Dr Pascal Schlossmacher, PH au CHD à la Réunion, évocation de connaissances communes. Partage de point de vue sur « l’aide à apporter à Mada »

Contact et discussion avec Pr Pierre Lher, responsable des relations internationales au sein de la SPLF, homme de tête et d’action, qui a crée SPI, Soutien Pneumologique International, sorte de « pneumologue sans frontières », calqué sur son expérience au Camboge et déclinable à tous pays. Une mission au Laos est déjà programmée. La constitution d’une action sur Mada nécessite d’après lui, et je suis d’accord, un engagement sur plusieurs années, la constitution d’un petit groupe, et, facteur limitant pour l’instant, une demande formulée par les locaux. Le petit groupe pourrait inclure Pascal Schlossmacher, Yannick Lefort de la Réunion, un médecin militaire français connaissant bien Mada, lui éventuellement, et moi.
 

Avec Appel Détresse

Remise à sœur Yolaine de Tsaramasai d’une valise de 31 kg (merci les copains !) d’objets confectionnés par les enfants de l’école de Saint Cyprien.

Les deux interventions pour parler de Madagascar ont permis de motiver les élèves qui ont par ailleurs récoltés 1000 euros remis également. Cet argent déjà dépensé, remboursera les travaux de la remise en état de 2 classes, des toilettes et de la cour attenante.

« En échange » les élèves de cette école des rues ont préparé un cahier plein de dessins , de témoignages et d’informations, ramené en France pour continuer à tisser des liens.

L’appareil photo également remis à sœur Yolaine permettra d’intensifier les échanges « électroniques », avec parait -il une chanson qui sera filmée et envoyée aux enfants de Saint Cyprien.

Avec ASDM



Déjeuner convivial, cuit au four solaire, avec Louise Vassails à Sambaine. Remise de 180 euros soit le cumul de 20 euros par mois pendant neuf mois, pour le parrainage d’une étudiante que malheureusement on n’a pu voir et qui se destine à la biologie.

Le livre que Louise a coécrit avec les amis du Monde Diplomatique est sorti, il se nome « Braises » en malgache.

Divers

Visite du service de pneumologie de l’hôpital militaire. Contacts intéressants avec le Dr Daniel (colonel) et 2 jeunes médecins (Dr Josée et Dr Hervé) qui semblent avides de formation plus que de biens matériel. Dons de CD Rom, échanges d’adresses email, possibilités de liens constructifs car cette équipe semble éloignée des querelles intestines et pratique une pneumologie quotidienne apparemment de qualité.

Visite du service de pneumologie de Beffalatane, le Dr Joelson a un peu le même profil que ceux de l’hôpital militaire, il est sous la coupe du Pr Ange. Prise de contact.

Visite de courtoisie au Dr Bako, à l’Institut d’Hygiène de Tana. Le contact est aussi bon que l’an dernier. Souhait de stage en France.

Rencontre du Dr Charlin, seul pneumologue libéral de Mada. Echange d’adresse email, coopération possible d’autant qu’il s’occupe d’un dispensaire sur la route de Mandjakandrine.

Rencontre de Mme Schaffner, que les pneumologues malgaches appellent « maman », figure historique et toujours alerte de la pneumologie malgache.

Contact avec Dr Rabezanahari Andriamihaja, pneumologue de Tamatave, qui est bien organisé avec l’association de Rhône Alpes Odyséa,du Dr Yann Martinat, avec création de la maison de Jeremi comme relais local à Tamatave, pour la pneumologie mais également pour les autres spécialités.

J’allais oublier le plus agréable : séjour sur Tana chez Yazid et Nathalie et leur enfants qui savent faire en sorte qu’on se sente chez soi avant même d’arriver. !

Difficile de conclure sur l’ensemble, selon que l’on regarde la partie du verre à moitié vide ou la partie à moitié pleine. Difficile de ne pas être dubitatif sur l’action menée en regard de la vie quotidienne des malgaches. Difficile aussi de penser ne pas revenir l’an prochain !